Surplus solaire à 1,1 c€/kWh : ce qu'a changé la réforme S21 du 5 juin 2026

Mise à jour du 18 juillet 2026 : cet article a été écrit avant la publication de l'arrêté, à une époque où la réforme était annoncée pour le 1er juillet. Le texte a finalement été publié plus tôt : l'arrêté du 1er juin 2026 est entré en vigueur le 5 juin 2026. La date de bascule qui compte est celle du dépôt de la demande complète de raccordement auprès d'Enedis, et non celle de la signature du devis. La « fenêtre » évoquée plus bas est donc close. Pour la grille définitive et vérifiée, voir notre décryptage du nouveau S21.
La réforme S21 marque un tournant brutal pour le photovoltaïque résidentiel en France. L'arrêté du 1er juin 2026 divise le tarif de rachat du surplus par près de 4 — passant d'environ 4 c€/kWh à 1,1 c€/kWh (soit 11 €/MWh) pour les nouveaux contrats. Décryptage de ce qui change vraiment, et de ce qu'il faut faire avant et après cette date.
Ce qui a changé le 5 juin 2026
Les principaux paramètres du nouvel arrêté (sous réserve de publication officielle au Journal Officiel) :
- Tarif de rachat du surplus : 1,1 c€/kWh (11 €/MWh) pour les installations ≤ 9 kWc, contre ~4 c€/kWh auparavant — division par 3,6
- Mécanisme : le rachat ne s'applique que sur les pas de temps où le prix spot EPEX est positif. Sur les créneaux à prix négatif (typiques de l'été midi-15 h), aucune rémunération, voire obligation de brider l'injection
- Prime à l'autoconsommation : supprimée pour le segment résidentiel ≤ 9 kWc (auparavant 80 €/kWc, versée au 1er anniversaire)
- Critère de résilience : nouvelle exigence issue du règlement européen NZIA — les demandes de contrat déposées à compter du 1er juillet 2026 doivent justifier d'un approvisionnement diversifié (limitant la dépendance à un seul pays tiers) au niveau des modules, puis des cellules à compter du 1er janvier 2028
- TVA réduite 5,5 % : maintenue pour les installations ≤ 9 kWc sous conditions techniques (panneaux à faible empreinte carbone, gestionnaire d'énergie intégré) — c'est désormais la principale aide financière restante
Pour les dossiers dont la demande complète de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026, l'ancien tarif (~4 c€/kWh) et la prime de 80 €/kWc restent garantis pendant 20 ans. Ce qui compte est la date de dépôt du dossier Enedis, pas celle de la signature du devis.
Pourquoi cette baisse brutale ?
Trois facteurs cumulés expliquent la décision gouvernementale :
- Saturation du réseau aux heures solaires. Le pic massif de production photovoltaïque entre 11 h et 16 h provoque chaque été des prix spot négatifs sur EPEX. La France a connu 436 heures de prix négatifs en 2025, contre 361 en 2024 et 147 en 2023 (source EPEX SPOT / RTE) — et déjà 408 heures sur le seul premier semestre 2026. L'État refuse désormais de garantir un tarif de 4 c€ quand le marché paie 0 c€ ou moins.
- Cadre fixé par la PPE3. La Programmation Pluriannuelle de l'Énergie 2026-2035, publiée le 13 février 2026, fixe une trajectoire ambitieuse mais sélective : priorité aux installations 100-500 kWc et au solaire au sol agrivoltaïque, désengagement progressif du résidentiel diffus jugé peu compétitif en coût/MWh produit.
- Pression budgétaire CSPE. Le mécanisme d'Obligation d'Achat est financé par la Contribution au Service Public de l'Électricité, qui a explosé sous l'effet de la massification PV. Bercy demande à la CRE de freiner cette dépense publique.
Le message politique est clair : consommez ce que vous produisez. L'État ne subventionne plus l'injection au réseau sur le segment résidentiel.
Impact chiffré par profil d'installation
Cas n°1 — Foyer 6 kWc sans batterie (profil moyen Captain Solar)
Production annuelle : ~7 800 kWh à Montpellier. Taux d'autoconsommation typique sans batterie : 35 % (2 730 kWh autoconsommés, 5 070 kWh injectés).
- Avant le 5 juin 2026 : 5 070 kWh × 4 c€ = 203 €/an de revente + 480 € de prime autoconso versée à l'année 1
- Depuis le 5 juin 2026 : ~3 800 kWh × 1,1 c€ (en éliminant les ~25 % d'heures à prix nul ou négatif) = 42 €/an de revente + 0 € de prime
- Perte annuelle : ~160 €/an de revenus directs, soit ~3 200 € sur 20 ans
Cas n°2 — Foyer 6 kWc + batterie 10 kWh
Production annuelle identique, mais batterie remonte l'autoconsommation à 75 % (5 850 kWh autoconsommés, 1 950 kWh injectés).
- Avant le 5 juin : 1 950 × 4 c€ = 78 €/an de revente
- Après 1er juillet : ~1 460 × 1,1 c€ = 16 €/an de revente
- Perte annuelle : seulement ~60 €/an — la batterie absorbe l'essentiel de l'impact
Lecture : la batterie devient l'arme principale de protection contre la chute du tarif de rachat. Son temps de retour passe de 12-14 ans (avant arrêté) à 9-11 ans (après arrêté), à condition d'être bien dimensionnée.
Cas n°3 — Installation 9 kWc + batterie + borne VE
Production 11 700 kWh, autoconsommation 80 % (9 360 kWh), surplus 2 340 kWh.
- Avant : 94 €/an de revente
- Après : 19 €/an de revente
- Perte : 75 €/an — négligeable face aux ~2 200 €/an évités sur la facture EDF
Le profil autoconsommation totale optimisée est très peu impacté. C'est désormais la configuration de référence en 2026.
Les 4 leviers pour compenser la baisse
1. Maximiser l'autoconsommation directe
Décaler les usages en journée : ballon ECS asservi à la production, lave-vaisselle et lave-linge programmés à midi, recharge VE en heure solaire. Gain potentiel : +15 à +25 points d'autoconsommation sans aucun investissement matériel.
2. Ajouter une batterie de stockage
La batterie devient économiquement incontournable pour les profils > 5 000 kWh/an. Dimensionnement type Hérault : 10 kWh pour 6 kWc, 15 kWh pour 9 kWc. Marques que nous installons en 2026 : Sigenergy SigenStor (modulaire, notre référence), Sungrow (bon rapport qualité-prix) et Zendure SolarFlow en entrée de gamme. Voir notre guide complet batterie 2026.
3. Choisir un acheteur alternatif à EDF OA
Vous n'êtes pas obligé de rester chez EDF OA. Des agrégateurs valorisent votre surplus sur les marchés à des prix supérieurs :
- Symphonics — tarif fixe 6-8 c€ ou indexé spot (potentiel haussier). Voir notre analyse Symphonics
- 3ERL-RE — association rémunérant à 70 % du PRE+ publié par RTE, modèle transparent et solidaire
- Enercoop — coopérative 100 % renouvelable, ~6 c€/kWh, dimension éthique forte
Voir aussi notre comparatif des alternatives EDF OA en 2026.
4. Participer à une opération d'autoconsommation collective (ACC)
Plutôt que d'injecter au réseau à 1,1 c€, partager votre surplus avec voisins, copropriété, commerce de quartier ou EPCI. Tarif de partage typique : 10-15 c€/kWh selon clé de répartition. Périmètres élargis à 20 km en zone rurale et à l'ensemble de l'EPCI pour les communes depuis 2025. Voir notre guide ACC 2026.
Faut-il signer avant le 1er juillet ?
La question vaut son pesant d'or, et la réponse dépend de votre profil :
✅ Signer avant le 1er juillet
- Vous êtes petit consommateur (3 000-5 000 kWh/an) : si votre demande de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026, vous conservez l'ancien tarif (~4 c€ garanti 20 ans + prime). Sinon, le projet doit se calculer sur l'autoconsommation seule
- Vous prévoyez une installation sans batterie dans un premier temps
- Vous voulez sécuriser le tarif TVA 5,5 % et la prime autoconso avant tout durcissement réglementaire supplémentaire
⚖️ Signer après le 1er juillet est acceptable
- Vous installez avec batterie dès le départ et visez 75-80 % d'autoconsommation : la baisse du surplus est marginale
- Votre profil est autoconsommation totale (gros consommateur 10 000+ kWh, VE, piscine) : peu importe le tarif de revente
- Vous préférez attendre la confirmation officielle de l'arrêté avant de vous engager
Conseil pragmatique Captain Solar : la fenêtre est désormais close — tout nouveau projet relève du régime post-S21 (surplus à 1,1 c€/kWh, sans prime). La bonne question n'est plus « quand signer » mais comment maximiser l'autoconsommation : dimensionnement sur la consommation réelle, pilotage des usages, et batterie si le profil le justifie. Si le 4 c€ vous intéresse, il faut signer maintenant.
Et pour les entreprises (>9 kWc) ?
Le segment 9-100 kWc est lui aussi touché, mais différemment. La vente totale a été supprimée pour les installations ≤ 9 kWc (mars 2025) mais reste possible pour le 36-100 kWc ; le tarif surplus du segment 9-100 kWc s'établit autour de 4,7 c€/kWh au T2 2026, en baisse continue. La loi APER ombrières impose des ombrières photovoltaïques aux grands parkings, avec un calendrier par paliers : les parkings de plus de 10 000 m² au 1er juillet 2026, ceux de 1 500 à 10 000 m² au 1er juillet 2028 — créant un effet d'aubaine sur les opérations B2B avec autoconsommation forte. Voir notre dossier rentabilité PV entreprises 2026.
La stratégie Captain Solar pour vos projets 2026
Sur le bassin de Montpellier et de l'Hérault, nous adaptons systématiquement nos recommandations à la nouvelle donne :
- Petit profil (3 000-5 000 kWh/an) : 6 kWc dimensionné au plus près de la consommation réelle, batterie à étudier si la consommation est majoritairement en soirée
- Profil moyen (5 000-8 000 kWh/an) : 6 kWc + batterie 10 kWh, optimisation des usages diurnes — temps de retour 8-10 ans
- Gros profil (10 000+ kWh/an, chauffage électrique, VE) : 9 kWc + batterie 15 kWh + borne de recharge — temps de retour 7-9 ans, indépendance énergétique réelle
- B2B / tertiaire : dimensionnement sur courbe de charge horaire Linky, viser 70 %+ d'autoconsommation, intégrer le pilotage Sobriété EDF si applicable
Nos clients qui ont basculé en autoconsommation + batterie en 2025 affichent un taux d'indépendance de 75-85 % à l'année — l'arrêté post-S21 ne change quasiment rien pour eux.
Étude personnalisée post-S21
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FAQ — Surplus solaire et réforme S21
Quel est le tarif de rachat du surplus solaire en 2026 ?
Depuis l'arrêté du 1er juin 2026, entré en vigueur le 5 juin, le surplus est racheté 1,1 c€/kWh HT (11 €/MWh) pour les puissances cumulées jusqu'à 100 kWc, contre environ 4 c€/kWh auparavant. Le tarif est garanti 20 ans et indexé de 2 % par an.
Quelle date compte pour conserver l'ancien tarif de rachat ?
Celle du dépôt de la demande complète de raccordement (DCR) auprès d'Enedis, et non celle de la signature du devis ni celle de la mise en service. Les dossiers déposés avant le 5 juin 2026 conservent l'ancien tarif d'environ 4 c€/kWh et la prime, garantis 20 ans.
La prime à l'autoconsommation existe-t-elle encore ?
Non. Elle est supprimée depuis le 5 juin 2026 pour le résidentiel jusqu'à 9 kWc. Elle atteignait encore environ 80 €/kWc juste avant la réforme, versée en une fois au premier anniversaire de la mise en service.
Combien perd un foyer équipé de 6 kWc sans batterie ?
Sur un profil type à Montpellier (7 800 kWh produits, 35 % d'autoconsommation), la revente passe d'environ 203 €/an à environ 42 €/an, et la prime de 480 € disparaît. Soit une perte d'environ 160 €/an de revenus directs, près de 3 200 € sur vingt ans.
Comment compenser la baisse du tarif de rachat ?
Quatre leviers : maximiser l'autoconsommation directe en décalant les usages en journée (+15 à +25 points sans investissement), ajouter une batterie de stockage, choisir un acheteur alternatif à EDF OA comme Symphonics ou 3ERL-RE, ou rejoindre une opération d'autoconsommation collective où le kWh partagé se valorise 10 à 15 c€.
Sources : Avis CRE n° 2026-92 du 29 avril 2026 sur le projet d'arrêté post-S21, PPE3 publiée au JO le 13 février 2026, BOFiP TVA 5,5 % photovoltaïque mis à jour mars 2026, données EPEX SPOT 2025 (heures de prix négatifs), arrêté du 8 février 2023 (prime autoconso versée au 1er anniversaire). Article publié le 23 mai 2026, actualisé dès publication officielle de l'arrêté.
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